• Noir désert
Noir désert

Noir désert

Le Turkménistan, c'est le pays d'Ubu roi. Son dictateur emblématique, Saparmourad Niazov (récemment disparu), avait su t ransformer cette République soviétique d'Asie centrale, peu peuplée et relativement tranquille, en décor de science-fiction. Un culte de la personnalité à faire rougir Staline. Un goût du secret à ridiculiser les autorités nord-coréennes. Les maximes et poèmes du Chef à apprendre par cour, pour remplacer à la fois le credo communiste et le Coran. Sa statue en or, qui s'oriente automatiquement pour suivre la course du soleil. Des bâtiments pharaoniques tout en marbre, la plupart du temps vides ou en plein désert. Une police efficace, sur laquelle on peut compter. Et du gaz naturel a foison pour financer tout ça. Naturellement, l'héritier du dictateur emblématique s'est bien gardé de changer quoi que ce soit à ce paradis. Quant aux Occidentaux, ils aiment bien le Turkménistan : des hydrocarbures, de la stabilité, une position géographique unique entre l'Iran, la Russie et l'Afghanistan, une corruption certes importante, mais finalement gérable, un pouvoir certes tyrannique, mais bien disposé envers les multinationales. parmi lesquelles quelques françaises. Dans un pays pareil, évidemment, lorsqu'il se produit un crime un peu embarrassant, par exemple un crime qui impliquerait des étrangers, ou qui mettrait en cause les autorités locales, tout ça sur fond de juteux contrats et de rivalités géopolitiques, mieux vaut mener l'enquête avec prudence. Qui pour cela de plus qualifié que le commissaire Le Floch, proche de la DGSE, avec sa longue expérience des bizarreries de l'espace post-soviétique ? Producteur de cinéma, fin connaisseur du monde russophone, Marc Ruscart poursuit dans ce nouveau roman les aventures du commissaire Le Floch, précédent héros de L'Homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours (Rivages/Noir n° 657 , 2007). Voir la suite

  • 2743622342

  • Rivages

  • Rivages Noir, numéro 822